Textes de mardi 24 mars 2020

ECRIRE LE DEBUT ET LA FIN D’UNE HISTOIRE

1 à 3 phrases

Histoire 1
Mardi 24 mars 2421, lorsque Pluck se réveilla, le soleil était déjà haut dans le ciel. La première pensée qu’il lui vint fut «Quelles fleurs vais-je offrir à Kalin ?».

Passer son chemin ne signifie pas forcément qu’on est pressé de faire ses courses.


Histoire 2

« Il est cinq heures du soir.
Paris est comme endormi : pas un bruit.
Paule, allongée sur son lit, depuis le début de l’après-midi pense ou plutôt rêve….
……………..
Paule, essoufflée arrive à l’aéroport.
Trop tard, l’avion vient de décoller.
Elle regarde s’envoler son rêve.


Histoire 3

Depuis peu, il se réveillait la nuit, sondait le noir, le cou tendu pour entendre les sons qui d’habitude ronronnaient dehors. Là, c’était le vide, rien. Ils étaient tous partis.
….
Aveuglé par la lumière des projecteurs, il tentait de sourire, mais sa mâchoire restait comme bloquée. Il se leva doucement et embrassa son fils. C’était fini.


Histoire 4

Ce matin le colibri s’est dit  « Et si je faisais pipi dans le nid du ouistiti »
……………………….
Du pic du midi, avant la nuit, les deux amis s’esquivèrent dans l’infini.
C’est inouï !


Histoire 5

Il descendit de sa décapotable grise. Il avait mal à la tête depuis la veille, un mal de tête lancinant qui ne le lâchait pas. Le bruit de la portière percuta douloureusement sa nuque. Il tourna néanmoins la tête pour vérifier que personne ne le suivait, puis s’avança dans le soleil : le tricycle était là où Manon avait dit l’avoir déposé.
….
Il s’allongea sur le sol et sourit. De belles années en perspective… Un peu de sang coulait de la commissure de ses lèvres, mais cela aussi devrait s’arranger. Avec le temps.


Histoire 6

Lorsqu’il lui fut possible de reprendre ses longues marches, il se dirigea vers l’estran, que certains nommaient «zone de balancement des marées». Quel plaisir de fouler pieds nus le sable humide et de humer l’odeur iodée……. Mais non, aucune odeur ne titillait plus sa narine !

C’est ainsi que la collection «odeurs marine» vit le jour, diffusée par drone le long des côtes, substitut d’un temps où les odeurs étaient naturelles, offertes au vent, et soustraites aux lois du marché.

Histoire 7
Quand je l’ai vu arriver sur le tarmac je me suis demandé direct quel était le couillon au ministère de l’agriculture qui avait eu l’idée de nous dépêcher ce pingouin : talons compensés, vêtement colonial, lunettes de soleil, une vraie caricature !
Hésitant entre crise de fou rire et mâchoire qui tombe je me suis avancé vers l’émissaire tombé tout droit de la capitale afin de ne pas surseoir à mes obligations diplomatiques : «monsieur Leblanc, bienvenu à Bara».
Il leva les yeux vers moi, un sourire immaculé illumina son visage et, me rendant la main il me répondit d’une vois chantante qu’il était ravi d’être là et espérait vraiment pouvoir nous aider.
……
Laetitia est désormais autonome et, seule, s’occupe de la nouvelle génération.
D’ici peu nous entendrons à nouveau les oiseaux chanter.
La vie a repris ses droits.


Histoire 8

Bien lavée, bien soignée, bien déjeuné, j’attends la suite des événement pour la journée. Que me promet aujourd’hui ? Je suis partagée entre bonheur et anxiété.
…..
Ah ! J’y ai échappé. Je suis heureuse et je respire. J’ai plein de projets en vue.

 

Histoire 9
Ce matin, pour rompre le confinement, nous nous sommes retrouvées à 4 voisines pour une séance de Qi Gong, au soleil, dans le parking de l’immeuble. Nous avons, bien sûr, respecté les distances requises. Ce temps convivial nous a fait du bien à toutes.
….
Dire qu’il y a des semaines, le temps nous paraissait interminable, c’est à peine croyable ! Aujourd’hui nous courons de nouveau et c’est bien dommage, impossible de trouver quand faire une séance de Gi à croire que nous n’avons rien compris !


Histoire 10

Il m’a paru désormais évident qu’elle vivait là, non loin de nous.»

«Elle n’avait rien à perdre, les fous savent souvent des choses que les autres ignorent.

 

Histoire 11
Il était une fois, dans une contrée lointaine tout près de chez toi, un bipède orné d’un extravaguant chapeau qui lui tenait de cerveau disponible. Le malheureux était en effet absolument improductif, surtout en sortant de la messe, du Palais Brognard ou de la Manufacture des Objets Toxiques et Inutiles, ses lieux contraints de fréquentation. C’est pourquoi il n’enlevait sa coiffe que dans les lieux emplis de poésie, de nature et de gratuité, à l’abri des regards de la police des bonnes mœurs.
….
Notre anti-héros Tartamponpon (car tel fut le nom de renaissance qu’il se choisit), déclina poliment (quoiqu’en haussant les sourcils, montrant son étonnement plutôt désapprobateur) toute proposition de responsabilité, poste, artifice, médaille et autres verroteries que même les Bons sauvages du XVIè siècle d’avant l’Effondrement refusaient des Conquistadores, et déclara, tout de go : « Arrêtez de déconnez, débouchons plutôt une bonne bouteille, le monde nous attend ! »

 

Histoire 12
Il m’a paru désormais évident qu’elle vivait là, non loin de nous.
…..
Elle n’avait rien à perdre, les fous savent souvent des choses que les autres ignorent.

 

Histoire 13
« Qu’est-ce que c’est que ce merdier… », marmonna Merlin.
Une tasse de café à la main, il venait de sortir sur son balcon et le spectacle devant ses yeux avait tout lieu de l’irriter.
…….
« J’espère que ça suffira ! », conclut ce dernier, en remettant le livre à sa place.

 

Histoire 14
La sentence était tombée : ils allaient vivre des semaines ensemble, confinés. Quand allait-elle lui annoncer qu’elle voulait le quitter ? Au début, au milieu, à la fin ?
….
Elle n’aurait jamais imaginé une telle réaction de sa part !


Histoire 15

Idriss, adolescent de 15 ans partage un appartement de 3 pièces avec ses parents, son frère de 9 ans et sa soeur de 7 ans. En cette période de confinement, il ne peut plus voir ses copains dans le bas de l’immeuble de la cité. Il se prend la tête avec son père !
…………………….
Au 10ème jour de confinement, les parents, à leur réveil, ont réalisé qu’il n’était pas à la maison !

 

Histoire 16
Ce jour là, le soleil était là, mais le temps froid. Une fois finie sa journée de travail, Stéphane jouait à un jeu d’écriture collective. À tout le moins, essayait-il, car l’inspiration ne venait pas…
…………………….
Aurait-il imaginé, un jour, un jeu d’écriture animé par Anne D. l’amenerait, vingt ans plus tard à recevoir le prix Nobel de Littérature ?

 

Histoire 17
L’aube se levait sur la ville de Confiné-les-bains. Ce jour-là, les habitants et habitantes de cette charmante ville avaient décidé, après des jours et des jours de oisiveté totale, de mettre à profit la situation pour préparer la révolution.
………………………..
Elle s’assit sur le muret et respira profondément.
La vie pouvait enfin commencer.

 

Histoire 18
Il devait être 2 heures du matin. Quand je suis arrivée au village cette nuit-là, quelqu’un dormait tout habillé sur le sofa du salon. Et ce n’était pas Grand-Père.
…..
Voilà pourquoi j’ai accepté de me lancer dans le projet. Et c’est la seule raison pour laquelle j’ai quitté le pays.

 

Histoire 19
Frédéric aurait mieux fait d’écouter le méchant pressentiment qui l’avait effleuré au moment de chausser ses skis. Pourtant le ciel était clair, le froid coupant comme du givre, le sommet de la Jungfrau à peine masqué par un léger nuage. Personne ne viendrait le chercher ici, croyait-il. C’était compter sans Tony l’afghan….
….
Tony regardait Frédéric s’éloigner sur la pirogue. Il aurait bientôt passé le méandre du fleuve. Il laissa doucement retomber le bras qui tenait la kalashnikov. Il pleurait.

 

Histoire 20
On aurait dit que le jour ne se lèverait jamais. Debout à la fenêtre dans la chambre obscure, André guettait les lueurs qui d’ordinaire apparaissaient à cette heure derrière la maison à l’orée du bois.

Il s’endormit en pensant que l’Écosse était un pays merveilleux.

 

Histoire 21
Il savait que cela ne faisait que commencer. Le plus dit était à venir. rien ne l’y avait préparé.Il s’était laissé berner comme les autres.»

Il se répétait la phrase en boucle, comme si les mots eux mêmes avaient perdu leur signification ou que leur sens lui échappait. Et pourtant, ça y est, c’était fini !

 

Histoire 22
Il avait neigé toute la nuit, il faisait froid. L’homme enfila ses bottes fourrées, sa doudoune grise, ses gants et se couvrit la tête d’un bonnet. Il sortit.
….
L’inspecteur venait de finir son café, il lut le rapport et éclata de rire.

 

Histoire 23
Il avait envoyé une lettre à son patron. C’en était trop ! Il ne pouvait pas travailler dans de telles conditions.
– Une lettre de démission,  en pleine période de chômage ? Mais c’est insensé,  tu as perdu la raison…
………………
Il s’était réveillé brusquement dans la maison du garde-barrière. Il était sorti et avait vu le grand lilas fleuri. Il ne se souvenait plus de ce qui l’avait conduit ici.

 

Histoire 24
Elle marchait le long de la rue bleue. Ses pieds nus balayaient l’asphalte et laissaient des traces rondes et sombres. Une fée l’avait un jour interpellée sur cette manière étrange qu’elle avait de sillonner les chemins….
……………….
Dans un jardin, émue, elle posa le filet vidé.
Manu di Bango pourrait toujours siffler des sons de son saxophone, elle était désormais certaine de ne plus jamais vivre de matins moroses. Le mange disque se mit à jouer une mélodie de soul makossa, en fa dièse.
Duke Ellington montra enfin son visage. Il était minuit pile !

 

Histoire 25
Il était une fois un violoncelle ayant trouvé domicile chez une débutante. Les fausses notes et les crissements de l’archet lui écorchaient les oreilles. Il rêvait d’une carrière internationale, des applaudissements des foules en liesse.
……………………….
Un soir de Noël, il eut la joie de jouer en public, en duo avec un basson de ses amis. Et ils furent chaleureusement applaudis !

 

Histoire 26
Zoé une petite fille surdouée et très volontaire décide de partir à le recherche du chêne magique au milieu de la forêt. Elle est accompagnée de son chien Roc, un chien un peu spécial.

Zoé est parvenue à ses fins, elle a sauvé le monde de sa perte.

 

Histoire 27
Elle attendait dans le bar dont il lui avait donné l’adresse griffonnée sur un bout de papier. Mais comment le reconnaitrait-elle, presque trente ans après ? Elle pensa qu’elle aurait dû se procurer une photo récente, mais tout était allé si vite…
………………..
Affairée derrière le comptoir, elle recevait les clients qu’elle connaissait presque tous par le prénom. L’affaire avait été conclue, on avait débouché les meilleures bouteilles. La fête passée, elle pourrait enfin se reposer.

 

Histoire 28
Ce soir là, les applaudissements rettentissaient dans toute la ville, lui ne les entendait même plus.
……
Aujourd’hui encore il a du mal à sourire quand les 20h approchent.

 

Histoire 29
C’est la première fois que je la remarquais, peut-être avait-elle toujours été là.
……………
Je la pris par la main, et sans regarder derrière moi, je desendis les escaliers et courrus dans la rue. Nous étions enfin libres !

 

Histoire 30
«Oh my god !» Oui, quand je suis surprise, je ne m’exprime qu’en anglais. Ne me demande pas pourquoi, je n’en sais rien. Sans doute une réminiscence de mes années à Oxford quand j’étais étudiante…
……………..
«Das werde ich nie vergessen !» Oui, quand je suis en colère, je ne m’exprime qu’en allemand. Ne me demande pas pourquoi, je n’en sais rien. Sans doute que la langue s’y prête, elle !

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